RDC_SUD-KIVU : DÉNONCIATION D’ACTES DE VIOLENCES, INTIMIDATIONS ET MANIPULATIONS CONTRE LES POPULATIONS CIVILES DES ZONES OCCUPÉES PAR LES REBELLES DE L’AFC-M23.

Le Gouvernement Provincial du Sud-Kivu suit avec une profonde inquiétude, la situation sécuritaire dans la ville d’Uvira et dans plusieurs Territoires de la Province, où les Rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda continuent d’exercer des actes de violences, d’intimidations et de manipulations contre les populations civiles. Lu dans un Communiqué Officiel Nº 71/MIN/COMM-MEDIAS/SK/2025 dont une copie est parvenue à la Rédaction Afrique Monde.

Des sources sûres, le Gouvernement provincial du Sud-Kivu alerte la Communauté nationale et internationale sur le forcing organisé par les rebelles de l’AFC-M23 dans le Groupement de Kamanyola, Chefferie de Ngweshe, Territoire de Walungu. En effet, toujours, pour tenter de légitimer la rébellion, l’ordre est venu de Kigali pour contraindre la population à participer à une marche populaire avec pour objectif de refuser le retrait des rebelles dans cette partie de la Province. Une réunion préparatoire a été organisée la journée du 18.12.2025 avec tous les chefs de villages, chefs d’avenue et cadres de base pour contraindre les habitants, moyennant des jetons de présence, à prendre part à cette marche, sous peine de représailles, pour ceux qui ne marqueront pas leur présence.

C’est pourquoi, comme dénoncé dans notre récent communiqué sur la marche organisée
dans la ville d’Uvira en date du 16.12.2025, tout ce que vous pourrez voir dans les réseaux
sociaux sur l’organisation de cette prétendue marche populaire ne sera que le résultat du
forcing exercé contre la population, toute la nuit de ce 18.12.2025, a dit le Porte-Parole du Gouvernement provincial Me Didier KABI.

Et de poursuivre, ayant constaté que leur stratégie de dissimulation n’a pas marché, celle de tromper l’opinion sur leur prétendu retrait de la ville d’ Uvira, ce matin du 19.12.2025, les militaires rwandais qui se sont déguisés en civils sont actuellement dans une campagne de sensibilisation forcée des populations civiles à travers les chefs de quartiers et cadres de base pour participer à une nouvelle marche projetée pour ce lundi 22.12.2025 dans la ville d’Uvira, dans l’unique but de démontrer que la population est est délaissée et que cette dernière exige leur retour, pour sa sécurité.

Par ailleurs, selon plusieurs témoignages recueillis sur place, cette mobilisation aurait été organisée sous contrainte, avec des menaces de représailles à l’encontre des habitants qui refuseraient d’y prendre part. Préparée dès la veille lors d’une réunion tenue au bureau de la cité, la marche a rassemblé différentes couches de la population. Les manifestants sont partis du rond-point Ngomo, ont traversé l’ancien Camp de la MONUSCO avant de revenir à leur point de départ, scandant des chants favorables à l’AFC/M23, un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda et actif dans l’est de la République démocratique du Congo. Les organisateurs ont affirmé que l’AFC/M23 aurait « rétabli la sécurité et la paix » à Kamanyola, justifiant ainsi sa présence dans la zone. Des scènes similaires ont été signalées quelques jours plus tôt à Uvira, renforçant les inquiétudes quant à une stratégie de mobilisation forcée des populations civiles. Mais l’élément le plus choquant demeure la présence remarquée de nombreux enfants et élèves en uniforme scolaire bleu et blanc.

Photo de mineurs ayant participé à la marche du 19.12.2025 à Kamanyola.

D’après des sources locales, ces mineurs auraient été contraints de quitter les salles de classe pour participer à cette marche, en violation de leur droit à l’éducation et à la protection. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont vivement dénoncé l’instrumentalisation de la population civile et l’utilisation d’enfants dans des activités à caractère politique et militaire. Jean-Chrysostome Kijana, Président National de la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) et Modérateur de la Coalition Pamoja kwa Amani (Ensemble pour la Paix), a qualifié ces actes de « violation grave des droits de l’enfant ».« L’utilisation des enfants dans des manifestations politiques ou militaires constitue une atteinte flagrante à la loi N° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, ainsi qu’à de nombreux instruments internationaux ratifiés par notre pays », a-t-il déclaré, estimant que « ce n’est pas par de marches imposées à la population qu’un mouvement rebelle peut se donner une quelconque légitimité ». Face à ces faits jugés d’une extrême gravité, la Société Civile appelle les autorités nationales et la communauté internationale à prendre leurs responsabilités afin de protéger les populations civiles, en particulier les enfants, et à tirer toutes les conséquences des violations attribuées à l’AFC/M23 dans les zones sous son influence.

Depuis Uvira, Albert MUZALIWA pour Afrique Monde.

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