Revenant sur les accords conclus et signés entre la RDC et le Rwanda, aussi le récent accord sous la médiation internationale, le Gouverneur Professeur Jean-Jacques PURUSI n’a pas mâché les mots, il a martelé que le retrait des groupes armés doit être unilatéral et inconditionnel, pas d’imposition sur les conditions ou le retrait d’une rébellion. Il encourage plutôt leur retrait total et dit à la population d’être vigilante, de faire attention sur leur retrait et sur la présence présumée de mines anti personnelles.
“Je tiens à rappeler que tous les accords signés entre les parties au conflit, notamment entre la République démocratique du Congo et le Rwanda y compris le dernier accord signé sous l’égide du Président américain Donald TRUMP entre les Présidents Paul KAGAME et Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO stipulent clairement que l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, doit se retirer de manière unilatérale et inconditionnelle. Il ne revient donc pas à cette rébellion de dicter un agenda, ni de poser des conditions telles que le préalable du déploiement de la MONUSCO. Cela est inacceptable. Nous encourageons leur retrait total. Toutefois, selon nos renseignements, certains de leurs éléments sont encore présents dans la ville d’Uvira, dissimulés dans différents quartiers, en tenue civile mais armés.”
Et de poursuivre, “leur objectif serait de créer le chaos, perpétrer des crimes, organiser des pillages et des massacres, afin de justifier un éventuel retour. Nous alertons également sur la présence présumée de mines antipersonnelles disposées pour piéger les forces politico-militaires appelées à revenir. La plus grande vigilance est donc requise. Nos services confirment que ces éléments se sont positionnés sur plusieurs hauteurs dominant la ville d’Uvira, notamment : KATONGO, KIGONGO, MAKOBOLA 1 et 2 et les montagnes de KIVOVO. Ces positions leur permettraient de menacer directement la ville. La population doit rester extrêmement prudente. Par ailleurs, ces éléments se sont repliés vers SANGE, LUVUNGI, ainsi que vers la sucrerie de KILIBA, à environ 15 kilomètres. Ils ne sont donc pas éloignés, ce qui constitue une violation flagrante du cessez-le-feu, lequel exige un retrait au- delà de KAMANYOLA, hors du territoire d’Uvira.”
Son Excellence Monsieur le Gouverneur Professeur Jean-Jacques PURUSI SADIKI a rappelé que depuis des générations, toutes les communautés du Sud-Kivu : Bashi, Rega, Banyamulenge, Bavira, Babembe, Bafuliru, Babwari, Babuyu, Bahunde,… ainsi que les congolais venus d’autres provinces et les étrangers ont toujours vécu ensemble, en harmonie, malgré les manipulations politiques. Ajoutant que l’AFC-M23, appuyée par le Rwanda, a orchestré récemment une manipulation visant à déplacer de force des familles banyamulenge, à Uvira et dans la diaspora, par intimidation et menaces armées. Et qu’il s’agit d’une stratégie de victimisation et d’instrumentalisation de la souffrance des populations.
Après la guerre c’est la Justice car la Justice élève une Nation.
Signalons qu’après avoir tout pillé dans la ville d’Uvira, des pillages bien planifiés et sécurisés par ceux-là qui se disent être des libérateurs, plusieurs cas de viols sur femmes, filles et mineures sont signalés dans la ville d’Uvira, œuvre des militaires du M23 et ceux rwandais RDF.
Dans la seule nuit de vendredi à samedi 18 janvier 2026, 22 cas de viols ont été répertoriés dans la ville d’Uvira. Les quartiers les plus touchés restent NYAMYANDA, SONGO, KALUNDU et KASENGA. Les victimes témoignent avoir été terrorisées pour ne pas dénoncer. D’autres disent avoir été prises en otage jusque samedi, quelques heures seulement avant le départ de leurs bourreaux.
Depuis hier samedi, les structures médicales d’Uvira reçoivent certaines femmes, filles et enfants ( filles mineures) qui viennent pour les soins et qui confirment avoir subies des viols répétés. Elles souffrent aussi du traumatisme après ces douloureux moments tragiques.
Il sied de souligner aussi que le retrait des militaires M23/RDF de la ville d’Uvira, loin d’être un acte de bonne foi, soit une fuite en avant pour ne pas assumer leurs lourdes exactions et violations des droits de l’homme dont les tueries, enrôlement forcé des jeunes, déportation des populations, pillages et viols.
Depuis Uvira,
Albert MUZALIWA pour Afrique Monde.